Jacques Chirac : in memoriam

                                                                                                                                 Le 31 décembre 2005


Mon cher Président,


Nous refermons, sans regret, l'album de l'année 2005 et allons ouvrir celui de 2006.

Aussi, à l'heure où nous nous apprêtons à en écrire les premières lignes, je tiens à vous présenter tous mes voeux pour la nouvelle année.

J'espère que vos problèmes d'oreillesse stabiliseront. C'est l'une de vos ex (ministre) qui a lâché sur le perron de l'Elysée (ou dans la cour, je ne sais plus très bien) que vous portiez un sonotone.

J'espère que ce type de prothèse est bien remboursé par la sécurité sociale parce que sinon, vous seriez contraint de continuer à ne plus payer vos billets d'avion ; vous savez si bien le faire !

Car les oreilles c'est tout de même important pour entendre les Français.

L'année dernière, on avait bien perçu une faiblesse de ce côté-là : au cours d'une émission télévisée, vous aviez dû tendre l'oreille pour comprendre les jeunes. Vous avez même cru à tort que l'un d'eux était homosexuel, ce qui n'est pas une tare.

Avouez que ça fait peur, monsieur le Président !


Il y a aussi les voix des français qui ne sont visiblement pas montées jusqu'à votre prothèse, lors des derniers scrutins : (régionales, référendum...)

Quand j'ai appris que vous aviez dû subir une intervention chirurgicale, j'ai vraiment pris peur.

Mais bon, de ce côté-ci, ça a l'air de ne pas trop mal aller.

J'insiste sur la santé, monsieur le Président, parce que c'est important.


Pour 2006, faites au mieux même si on ne se fait plus d'illusion.

Je vous rappelle que vous aviez promis de réduire la fracture sociale en 1995 ; non seulement elle est plus vivace que jamais mais la facture de votre mandat est lourde pour beaucoup de citoyens.

Je me permets un conseil peut-être?

Ne prenez pas trop d'initiatives, on ne sait jamais.
 

Vous allez bientôt quitter la scène, dans un an si je me fis au compteur de Nicolas Sarkozy.

L'abbé Pierre, lui, vient de sortir un tube intitulé "avant de partir".

Et vous, est-ce que vous envisagez quelque chose de la sorte?

Faites moi un petit signe, ce soir, quand vous présenterez vos voeux à la télé.

Si c'est oui, chatouillez-vous l'oreille gauche, je comprendrai ; et puis ça permettra de vous assurer que le sonotone est toujours en place.

Si c'est non, chatouillez l'oreille droite ; je comprendrai aussi.


Bon, il faut que je vous quitte, mon cher Président, parce que sinon vous aurez présenté vos voeux, ce soir, et moi je serai encore devant mon ordinateur (vous savez le truc qui ressemble à un aquarium) ; je me permets de vous le préciser parce qu'un jour on a tous compris que vous ne saviez pas ce qu'était un mulot (souris).


Sachez que j'ai été sincère avec vous. Votre santé me tient tellement à coeur (vu le déficit de la sécurité sociale, il manquerait plus que vous agrandissiez le trou ; avouez que ce serait un comble) !


Et dans un an, si tout va bien, ce sera la dernière fois, de votre mandat et de votre vie, que vous allez présenter vos voeux aux Français.

Quand j'y pense, j'ai déjà les boules pour vous !


Pour finir dans la bonne humeur, descendez (avec le mulot !!!) tout en bas de ce blog ; vous verrez que je vous fais un petit clin d'oeil sympathique.

Bien à vous...et bon courage !


PS : votre meilleur coup c'était encore la dissolution ! Vous êtes formidable. Quand vous avez zéro solution...vous avez dissolution.


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